Le char de guerre

Char de guerre par DULUM pour Tamazgha History.

Le char en tant que tel fut inventé aux alentours de ca. -1700 en Mésopotamie. Il avait pour vocation première l’activité domestique avant de lui trouver un potentiel militaire. Sa diffusion à travers le monde antique s’est faite aux alentours de ca. -1500/-1400.

Tadrart Acacus, Teshouinat. Époque des chars. Véhicule tiré par quatre chevaux au « galop volant » par Maximilien Bruggmann.

Un char tracté par quatre chevaux (quadriges) a été retrouvé dans le Fezzan et serait similaire à certaines représentations de chars de Chypre, ce qui atteste que des phéniciens auraient peut-être communiqué le savoir-faire en matière de conception de chars aux Libyens (principalement ceux de l’ouest), et non les égyptiens. Pour leurs homologues de l’est et les égyptiens, la technologie du char fut introduite par les hyksos aux alentours de c. -1700/-1500. Les divisions de chars, dans lesquelles le pharaon montait, tirées par deux chevaux, étaient directement sous son commandement et divisées en escadrons avec leurs propres capitaines.

Chariot garamant, Tadrart Acacus, Libye, Sahara par Libyan Soup.

La construction de chars implique principalement le travail du métal pour confectionner toute un assortiment de pièces d’attelage agrémentées par d’autres métaux, tels que l’or et/ou le cuivre pour l’ornementation. Ce modèle de fabrication résiste parfaitement non seulement au choc de roulage, mais aussi, et surtout, aux effets de cisaillements latéraux, de torsion, de départs rapides et d’arrêts brusques, sans l’abîmer.

Illustration « New Kingdom Egyptians 1300 BC to 800 BC » du livre « Wargames in the Ancient World » des frères Perry.
2. Char égyptien (19e dynastie), et 12. & 12a. Guerriers libyens
.
Sur Miniaturas Militares Alfons Canovas.

Aussi, le matériel nécessaire à la conception des chars était similaire à la conception de navires, comme le bois cintré, ce qui peut sous-entendre que les cités de Carthage et de Cyrène auraient pu fabriquer des chars en ayant à la fois la matière première, l’outillage et le personnel spécialisé.

Oued Djerat, Algérie. Détail de char et conducteur de char tiré par deux chevaux par TARA.

Pour certains, les anciens amazighs vivant dans le Sahara confectionnaient leurs propres chars à base de bois et de cuire seulement, mais si ces chars ont existé, ils n’étaient probablement pas utilisés dans les territoires rocailleux, car cela aurait été difficile d’encaisser les chocs sans une consolidation métallique.

Peinture rupestre de Tin Aboteka, Tassili n’Ajjer, Algérie (ca.-1500) d’un attelage peut-être guidé par un aurige avec une femme à ses côtés. Char tiré par des chevaux au « galop volant » par Ennedi.

Dans ses écrits sur la Libye antique, Hérodote distinct trois peuplades libyques qui utilisaient les chars : les Asbytes, les Garamantes et les Zauèces. Il dit que « Les hellènes (grecs) ont également appris des libyens l’attelage de quatre chevaux », mais il mentionne que les Asbytes auraient copié le savoir du chars quadrige de la cité de Cyrène. Selon lui, chez les Zauèces, qui habitaient à l’ouest du lac Triton, les femmes conduisaient les chars de leurs maris à la guerre.

Tassili n’Ajjer, Sud Est de l’Algérie. Peinture marron de deux chevaux galopant avec conducteur de char portant un pagne et tenant quatre rênes par TARA.

Aux alentours du Ve siècle av. J.-C., pendant les guerres médiques, parmi les mercenaires étrangers de l’armée du roi Xerxes de la dynastie achéménide, des divisions de chars de guerre furent conduites par des anciens libyens.

Vers la fin du siècle suivant, Agathoclès, tyran de Syracuse, bénéficia, d’après Diodore de Sicile et de Sophocle, de l’aide des chars libyens lors de sa tentative d’invasion de Carthage.

Un char dit «au galop volant» à Wadi Teshuinat, montagnes Acacus, Libye de British Museum.

Bibliographie

Jean Spruytte, « Attelages antiques libyens : Archéologie expérimentale et ethnographie des techniques », Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1996, pp. 97-119

Herodotus, « The Histories », from the 1890 Macmillan edition, text placed on line by Project Gutenberg, ca. 430 BC, § 4.170, 4.183, 4.189, 4.193, 7.86 (trans. by A. D. Godley, 1920)

Oric Bates, « The Eastern Libyans, An Essay », MacMillan and Co. Limited St. Martin’s Street, London 1914, p. 149

J. H. Breasted, « Ancient Records of Egypt. Vol. IV », The University of Chicago Press, 1906, §111

Sophocles, « Electra» , The Macmillan Company, c. 410 BC, §678, 698-756 (trans. by R.C. Jebb, 1913)

Gaston Maspero, « The struggle of the nations – Egypt, Syria, and Assyria », London : S.P.C.K., 1896, p.431

Diodorus Siculus, « Library », from the Loeb Classical Library edition of 1933, digitized by E. Thayer at LacusCurtius, c. 49 BC, § 20.38.1 (trans. by Charles Henry Oldfather, 1933)

Rodrigo Quijada Plubins, « Chariot », World History Encyclopedia, 06 Mar 2013

Kristiansen, Kristian, et Thomas B. Larsson. « L’âge du Bronze, une période historique. Les relations entre Europe, Méditerranée et Proche-Orient », Annales. Histoire, Sciences Sociales, vol. 60e année, no. 5, 2005, pp. 975-1007

COPYRIGHT © Tamazgha History

Un avis sur « Le char de guerre »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :